25 juin 2022

MALI : Bandiougou Danté, président de l’URTEL : « Nous percevons des choses qui nous alarment »

Les faîtières de la presse malienne ont tenu une conférence de presse ce dimanche 20 décembre 2020, à la Maison de la presse.  La presse malienne est sur le pied d’hostilité. Elle est vent debout contre un Communiqué liberticide du ministère de l’Administration territoriale et de la décentration annonçant la « restriction de la liberté de presse » pendant l’Etat d’urgence  sanitaire érigé pour 10 jours à compter du vendredi 18 décembre 2020 à 00H.

« Nous sommes inquiets.  Il y a des valeurs au Mali, que personne n’acceptera leur violation et leur remise en cause », a indiqué Danté. Ces acquis, de démocratie et de liberté, a-t-il ajouté, ne seront pas défendus par ceux qui se sont battus pour les avoir, mais par ceux qui en sont bénéficiaires. A déclaré, Bandiougou Danté, président de l’Union des Radios et Télévisions libres du Mali (URTEL) non moins porte parole des faitières de la presse.

« Au nom de la lutte contre la maladie à coronavirus, nous n’allons jamais accepter la mise en cause de la liberté de presse », a affirmé, le porte parole Danté. A ses dires, des messages de manifestation de bonne foi, de la Primature, du ministère de la Communication et de l’économie numérique et du ministère de l’Administration territoriale et de la décentralisation, ont été adressés aux faîtières expliquant qu’il s’agit d’une erreur due à la reprise d’un ancien communiqué. « Le contexte est tellement sérieux que le communiqué qui sort d’un ministère doit être sérieux », a déclaré président de l’URTEL.

C’est sur la base de la loi sur l’Etat d’urgence sanitaire que le secrétaire général du ministère a pris son communiqué. « La loi n’est pas mauvaise en soi », a indiqué Dramane Alou Koné, président de la Maison de la presse non moins membre du Conseil National de la transition (CNT). Et d’ajouter : « On ne peut utiliser les mesures du contexte sécuritaire pour les appliquer au contexte sanitaire, et Les journalistes devront rester mobiliser ».

Réactions de la salle…

Pour le journaliste Ammy Baba Cissé le directeur de publication du journal ‘‘ le figaro du Mali’’, les patrons de presse sont en train de minimiser « des faits extrêmement graves ». Pour lui, le gouvernement doit retirer son communiqué.

Amadou Oumar Diallo, directeur de publication du journal ‘‘ Tdjikan’’ évoque qu’une manifestation publique doit être organisée par les journalistes pour demander la relecture de la loi sur l’Etat d’Urgence. « Les appels téléphoniques ont peut-être réglé la situation cette fois, mais ça ne réglera pas la situation pour toujours », a-t-il prévenu. « Il faut marcher », a-t-il préconisé.

Selon les faîtières, ce lundi 21 décembre 2020, une rencontre formelle est prévue entre les ministres de la Communication et de l’Administration territoriale et de la décentralisation et les faîtières de la presse. Et sans doute pour mieux cadrer les choses.

Amadou Sala Touré