14 août 2022

MALI: Quelques jours après la mise en place  du gouvernement de la transition, nous avons tenu notre micro à des citoyens maliens pour savoir de ce qu’ils pensent de ce nouveau gouvernement dirigé par le premier ministre, Moctar Ouane. 

Mamadou Diarra, étudiant en science politique à la faculté des sciences Administratives et politiques (FSAP) et coordinateur général d’OJADA:

Tout d’abord, Nous devons  féliciter cette promptitude du premier ministre Moctar  Ouane à mettre en place ce gouvernement de transition.  En effet, ce gouvernement était attendu de tous. Parallèlement, la formation du gouvernement a permit la levée des sanctions de la CEDEAO sur le Mali. Ce gouvernement d’exception a un  rôle connu et clair, il doit veiller à l’urgente application des priorités consignées dans la charte de la transition. Par rapport, à ce choix d’hommes et femmes  qu’a fait le premier ministre, nous ne pouvons que nous en réjouir. Les membres de ce gouvernement ont chacune et chacun un parcours réaliste et riche, et il est clair qu’ils seront animés par le sens du pragmatisme et du don de soi afin de relever ce défi majeur qui s’inscrit désormais dans l’histoire du Mali. Le peuple Malien attend beaucoup de ce nouveau gouvernement en termes de résultats et du changement  pour le “Mali kura”, nouveau Mali. En outre, les voix qui se font entendre dans la dynamique de contestation, doivent à présent accepter de composer avec  l’ensemble des organes de transition afin de permettre au Mali d’avancer sans dissensions entre ses filles et fils. Nous devons encourager ce gouvernement dans l’exécution de ses tâches.

Nouhoun Koné: secrétaire permanent de la Coordination des Mouvements d’Associations et Sympathisants de l’imam Mahmoud Dicko (CMAS):

  1. Sa formation: Le nouveau gouvernement de 25 membres composé de civils et militaires en activité a été mis en place par le CNSP en accord avec le premier ministre et le président de transition. Les analyses de la plus part des politologues et la population montrent que c’est le gouvernement du CNSP. Le mouvement de contestation du 5 juin dénommé M5-RFP attendait 1/3 des membres du gouvernement. Ce dernier n’a pas été consulté pour la mise en place de ce nouveau gouvernement. Ça été une erreur de ne pas les consulter. Il y a eu beaucoup des difficultés lors de la construction du nouveau gouvernement entre le CNSP et M5-RFP. D’après les informations reçues sur les réseaux sociaux, une liste de gouvernement avait été remise au premier ministre qui a été rapidement rejetée par le premier ministre. Certains disaient même que le premier ministre voulait démissionner si on essayait de lui imposer cette liste. Une autre erreur était aussi de se tromper sur la personne du ministre de la refondation de l’état et des relations avec les institutions. Une erreur qui aurait dû être évitée.
  2. Mission: Les maliennes et maliens attendent beaucoup de ce gouvernement qui n’a que 18 mois maximum. La tâche est énorme. Le gouvernement doit s’y mettre pour résoudre rapidement les grands problèmes de la nation. Il s’agit bien des axes du développement de la feuille de route qui a été lu lors de la concertation des 10, 11 et 12 septembre 2020 au CICB de Bamako. Le temps est court, donc il faut obligatoirement des hommes compétents au niveau des cabinets, des directions et autres pour la réussite de cette transition. Tout le peuple malien attend un changement positif de la part de ce nouveau gouvernement à la fin de cette transition. Le bon résultat ne peut s’obtenir qu’avec les hommes expérimentés qui ont l’amour de la patrie. Nous devons également mettre de côté nos querelles individuelles et se soucier de la refondation de notre nation. Soutenons tous, ce gouvernement pour un Mali nouveau tant attendu.

 

Issa Sangaré, Secrétaire général de l’Union nationale des élèves et étudiants des medersas du Mali (UNEM):

Tout d’abord, je commence à féliciter ce gouvernement et lui souhaiter une très bonne mission.

Premièrement, le gouvernement de Moctar Ouane a vraiment du travail. Car, il lui faut gagner la confiance de l’ensemble du peuple malien et obtenir un terrain d’entente avec le M5-RFP qui ne se voit pas dans ce gouvernement. Deuxièmement, il faut que le gouvernement sache que la continuité de leurs carrières politiques est liée à la bonne exécution des tâches pendant la transition. Parce-que le malien d’aujourd’hui est bien éveillé grâce aux différentes manifestations des partis politiques au Mali. Troisièmement, que le gouvernement n’oublie pas aussi pourquoi le gouvernement du Dr Boubou Cissé et le régime d’IBK sont parti ?.Le gouvernement actuel doit faire extrêmement attention à ce qui a provoqué les marches et meetings populaires  contre IBK  (le favoritisme et le manque du respect de l’opinion public). Je ne saurais terminer sans dire au peuple ce qu’il doit faire durant cette transition.  Je lui dirais de mettre en tête que le malheur et le bonheur viennent des maliennes et maliens. Je demande au  peuple du Mali  d’être actif  pour le développement de ce pays.

 

Boubacar Traoré, étudiant à la Faculté des Sciences et Techniques de Bamako (FSTB) et secrétaire général du rassemblement pour aider  les étudiants du Mali (RAPADEM) :

J’ai remarqué que l’entrée des groupes signataires de l’accord pour la paix et la réconciliation au sein du nouveau gouvernement  va peut-être changer quelque chose au niveau de la paix. Pour moi, c’est une très bonne composition et les militaires assurent les places stratégiques. Au niveau de l’emploi, avec l’entrée de Mohamed Salia Touré, un jeune très dynamique, connu par son bravoure et son travail qui s’est toujours battu pour le développement du pays et de sa jeunesse. C’est une composition idéale au regard des personnalités qui font leur entrée dans ce nouveau gouvernement, ils sont reconnu pour leur patriotisme, leur bravoure, leur attachement et surtout l’amour de ce pays. Je  souhaite un bon fonctionnement du gouvernement pendant cette transition ! Qu’ils arrivent à faire de  ce pays le Mali que nos ancêtres on connu, le Mali de feu Modibo Keita, le mali idéal sans corruption! Vive le mali vive la jeunesse malienne!

 

Brehima DIAKITE, président de l’Association pour la bonne Gouvernance et la Démocratie en Afrique :

Je me  réjouis de la formation du gouvernement de transition parce-que depuis plusieurs mois le pays n’avait pas de gouvernement chose qui a presque mit un frein aux activités du pays.  Heureusement, les secrétaires généraux des ministres ont joué pleinement leurs rôles. Je veux dire que la composition de ce gouvernement pourra faire avancer les affaires au bonheur des Maliens vue l’architecture et les  hommes et femmes qui le constituent. Ce nouveau gouvernement n’a pas de coloration politique parce-que les hommes politiques sont les principaux responsables de la crise de notre pays depuis 1991. Avec ces hommes technocrates, nous pouvons espérer mieux. Nous pouvons dire que cela pourra être un facteur de paix avec la nomination des représentants des groupes armées. Concernant le premier ministre qui n’a pas aussi de coloration politique affichée, cela peut nous donner la certitude pour  l’organisation de bonnes élections présidentielle et législatives prochaines. La levée des sanctions de l’embargo après la formation du gouvernement et la libération de Soumaila Cissé sont  une avancée.

Les défis majeurs de ce gouvernement doivent être de régler la crise-sécuritaire, la lutte contre la pauvreté à travers la lutte contre la corruption, l’organisation des élections présidentielles mettre fin à l’impunité.  Il est important également de prendre en compte la loi 2015-052 du 18 décembre 2015 conformément à l’article 17 de la charte de transition qui souligne la représentativité de 30℅ des femmes aux postes nominatives et électives. Cette loi n’a été prit en compte, car on a  que 16℅ de femmes dans le nouveau gouvernement. Et nous attendons aussi la déclaration de biens du président, du vice-président, du premier ministre et des membres du gouvernement afin de lutter contre la corruption. Ce nouveau gouvernement est constitué de toutes les couches partisanes de la reconstruction du Mali par le M5-RFP, la société civile et  le CNSP. Un nouveau gouvernement avec un seul ancien ministre du temps de Moussa Traoré paix à son âme !  Je trouve que c’est une bonne chose. Car,  les politiciens ont échoués dans  leur mission. Alors, donnons la chance à d’autres couches de faire leurs preuves.  Ensemble bâtissons le Mali.

 

Réalisé par Adam Maïga.